Doog Mc'Hell

Influencé par Alejandro Jodorowsky, Enki Bilal, Chris Foss, Schuiten ou encore Moebius, Doog Mc'Hell nous invite depuis 13 ans à explorer avec lui ses univers imaginaires, ses mondes parallèles. Brouilleur de cartes, il truque avec talent les apparences et trouble nos esprits : "Une image peut en cacher une autre".
Philippe Maquelle nait en 1964 à Paris. Tout petit déjà, il rêvait de pénétrer dans la chambre noire de son père, que celui-ci préservait pourtant de ses jeux d'enfants. A 12 ans, il reçoit son premier appareil et plus tard, après sa terminale, c'est dans une école de photographie qu'il peaufine ses connaissances théorico-pratiques. La photographie est encore un loisir, mais au fur et à mesure des voyages et des rencontres, un univers sombre, imbriqué, surchargé, se dessine progressivement.
En 1993, son arrivée à Marseille marque un tournant dans ses inspirations. La ville le fascine, avec ses strates, ses passerelles en plein centre urbain, sa lumière contrastée. Développeur dans un laboratoire photographique professionnel, il travaille plus les images des autres que les siennes et y affine son regard. Mais il est aussi en première place pour saisir les chances que lui offre l'ère numérique qui s'amorce. Le hasard n'y serait peut-être pas pour rien : un jour, sous ses yeux, deux négatifs argentiques se superposent et créent une troisième image. Les perspectives offertes par les démonstrations des nouveaux logiciels de retouche et composition d'images lui donnent matière à rêver.
En 2001, Philippe quitte le laboratoire et revendique un statut d'artiste-photographe. Il se forme en autodidacte à l'informatique et aux logiciels de retouche. Peu à peu, Doog Mc'Hell se matérialise, au décours de ce qu'il appelle avec modestie ses "bidouillages". Son expérience et ses compétences sont vite reconnues lors de différentes expositions; il est recruté par une école d'audiovisuel comme formateur en 2007, et est de nombreuses fois exposé à Marseille et en France.
Au grès de son imagination, il révèle vouloir, "adapter des contes de fées à des univers d'adultes". Où sont les fées? Peut-être nous soufflent-elles le propos qu'il soutient de façon récurrente dans ses différentes séries : la ville n'est plus adaptée à l'homme, il est obligé de s'y conformer; mais il y a des perspectives d'évasion au sein des lieux-même qu'il subit. Des portes de sortie, pour la création de fictions propres à chacun. "Évadez-vous" !
Agnès Leussier

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